Festivals

La semaine dernière, nous avons montré pour la première fois notre travail en collaboration avec George Dyer, mon ami et partenaire sur scène à l’excellent festival de Lublin, l’un des plus gros de Pologne.

Très bonne accueil du public. On espère que la vidéo va suivre bientôt…

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Maintenant une nouvelle épreuve, un nouveau challenge nous attend : un spectacle de rue de 30 minutes (ou beaucoup plus) pour le Festival OFCA à Olescnica. On a hâte de montrer nos trouvailles au public. Un peu peur aussi car il faut bien l’avouer, on risque de se faire très plaisir et de délirer un max. En espérant que ça passe!

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À l’article de la vie

À l’article de la vie

Dans les fables et les récits, et par conséquent dans l’inconscient collectif, une histoire a toujours un début, un milieu et une fin. Mais dans la vie, la vraie vie, il n’y a eu qu’un seul début et il n’y aura qu’une seule fin.

Ce texte n’est donc qu’une tranche, un tronçon d’existence. Les méandres qui ont engendré ce moment n’ont que peu d’importance. Mais comme il faut bien commencer, commençons par une fin.

17 décembre 2015 au soir. Le rideau se baisse. Enfin, il ne se baisse pas puisqu’il n’y en a pas. Sous le chapiteau du Gommette et Gabatcho Circus, la dernière représentation du spectacle À 4 épingles s’achève. Deux ans de partage, d’amitié, d’amour, d’entre-aide, de voyage, de découverte, de don prennent toute leur ampleur en un instant. Comme pour le souligner, le public salut les artistes que sommes devenus d’un applaudissement éclatant tandis qu’ils se dressent, debout devant nous. Une apothéose sentimentale. Une de ces standing ovations qui touchent le cœur plus qu’elle ne flatte l’égo.

On vient d’achever une de ces semaines comme on les aime, où le petit don de soi n’est rien en comparaison de l’amour reçu. Face au lac, à Vevey, ce voyage se termine, comme il a commencé, en beauté. Il m’est difficile d’exprimer la qualité et la quantité d’émotions que j’ai ressenti durant ces deux presque-années, mais je crois que la boule dans ma gorge à l’écriture de ces lignes parle -ou plutôt ne parle pas- pour moi.

 

En un instant donc, c’est la fin. Le doute et la peur se mêlent à la gaieté et à la curiosité de l’avenir. Beaucoup de questions, beaucoup d’envies, beaucoup de doutes…

Le besoin principal à ce moment, c’est d’accepter la fin, de faire le deuil pour mieux repartir et pour ça quoi de mieux que de retrouver ceux qui, pendant deux ans, étaient loin : ces petites images dans mon cœur avec qui, malgré la distance et la fréquence des rencontres, je reste connecté. Tous ces gens qui ont fait que je suis ce que je suis aujourd’hui, maintenant.

Il y en a beaucoup et il me manque…

J’en croise beaucoup pour les fêtes, la famille, les amis, les connaissances…Cela me fait beaucoup de bien mais j’ai peur de cette fin d’année qui approche. Je ne suis pas superstitieux ni particulièrement croyant mais je ressens une chose, c’est que pour bien débuter une année, j’ai besoin de finir la précédente. Comme un ticket gratuit pour le renouveau. Cette année 2015, j’ai besoin de la clore en force, comme pour exorciser ce sentiment de vide qui m’habite depuis peu.

Je décide de m’envoler vers la Pologne pour une quinzaine de jours, destinés je dois bien l’avouer à rien d’autre qu’à laisser filer Décembre et arriver Janvier ; un black-out organisé par mon secrétaire personnel, ce bout de cerveau qui lorsqu’il a décidé de quelque chose ne se laisse pas corrompre aussi facilement. Et il fait bien son boulot. Ainsi, je me détends, avec le luxe rare de pouvoir ne penser à rien. Je ris beaucoup et le temps se partage entre trouver ce que l’on va manger, aller le glaner, revenir le cuisiner et le déguster. Il serait vain de résumer ce demi-mois de détente extrême mais une chose est sûre, c’est que le susmentionné black-out a parfaitement fait son office. Je suis libéré des doutes et des questions, avec néanmoins mon petit secrétaire qui me dit que le sablier de ma détente possède un fond et qu’il faudra, tôt ou tard, retoucher terre.

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Comme l’on peut s’en douter : ce qui fait mal ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. Et retoucher le sol qui est le mien, entouré par cette carlingue de métal sur le tarmac de Genève, ça cogne. On oublie vite ce qu’on voulait oublier mais l’on s’en souvient vite aussi. Je me souviens donc. J’étais parti pour mieux revenir, ou repartir c’est à voir.

Deux jours à tergiverser…mais la graine qui a été plantée, à mon insu ou pas, commence à germer d’elle même, comme ces petites merveilles de semences auto-floraison…

En discutant avec ceux qui comptent et en écoutant les envies de chacun concernant les éventuels projets, je comprend qu’une idée s’est immiscée en moi. Sans mentir, je ne pourrais pas définir le moment ou cela s’est passé mais à un moment, je comprends que l’aventure est ailleurs…pas comme dans X-files, mais comme dans la vie. Le besoin de bouger, d’aller voir ailleurs si j’y suis, de découvrir, de tenter est désormais inscrit sur un petit post-it, bien caché dans mon encéphale.

Quelques petits pigeons voyageurs électroniques direction la Pologne…et ô miracle, des réponses positives. Oui on me loge avec plaisir, oui on m’attend, oui des diabolistes sont chauds de la ficelle, oui il y a des possibilités, malgré le fait que la scène cirque soit réduite, oui la vie est accessible…oui oui oui. Forcément vu comme ça, tout de suite ça sonne bien. Ne me traitez pas tout de suite d’idéaliste. Croyez-moi j’ai fait le tour…les pours, les contres, les biens au contraire…Néanmoins une douce odeur se dégage du projet…une belle pâte à crêpe qui fleur bon le rhum. Pour les grumeaux et bien…on fera comme on a toujours fait, on fera avec !

Décision achetée et billets pris, ou l’inverse. Il reste cinq semaines où il ne faut pas se déconcentrer, rester dans la mire du projet. Mais un autre brin de folie me prend. Pour la première fois depuis longtemps (et quand je dis longtemps je le prononce dans ma tête comme dans la réclame pour le Comté), j’ai le temps, l’argent, l’envie et la possibilité de faire un petit tour de mes amis, ces petites images qui flottent dont je parlais tout à l’heure.

3 semaines. 3000 kilomètres. Joëlle, Hubert, Violaine, Guillaume, Baptiste, Hadrien, Mathilde, Vivian, Lula, Eve, Charlot, Morgane, Luna, Alix, Zach, Marlène, Vincent, Natasha, Léo, Nina, Cécile. Mâcon, Rennes, Angers, Toulouse, Andorre, Marseille, Annecy, Lausanne, Genève. (si j’en oublie !)De la route, du rire, de la joie, des retrouvailles, du partage, de l’écoute, du conseil, de la bière, du ski, du soleil, de la solitude agréable, de la connerie, du bon temps…et forcément, des au-revoirs. Beaucoup de bye-bye, ciao, bonne route, profites, bisous, à la prochaine. Beaucoup de tristesse dans les yeux mais de joie dans le cœur. Beaucoup d’aide à partir, sans pathos…enfin sur le coup parce que là forcément ça remonte un peu.

 

Version 2

BIM!

 

Le bonheur n’est pas au bout du chemin, il est le chemin. Quand tu fais trois mille bornes et un tour de France où pas une fois tu n’es pas (reçu comme) chez toi, cette maxime prend tout son sens. Promis. Et comme le bonheur est le chemin, je vais le suivre, moi, ce chemin. Je sais d’où je viens. Je crois voir où je vais mais croire et savoir sont deux verbes bien distincts. Je suis sûr de ne pas avoir de certitude. C’est déjà pas mal si on en croit ce bon vieux barbu caverneux qui nous affirmait que savoir, c’est savoir qu’on ne sait rien. Copy that !

Maintenant, c’est à moi de passer le premier, de m’aventurer sur des sentiers qui n’ont pas été battus, de (re)trouver ma voie. Les idées, il y en a beaucoup. Il va falloir du temps pour en appliquer le dixième mais du temps, j’en ai, de la motivation aussi.

Faites la même ! Vous m’avez beaucoup écouté ces jours. Mais je vous ai écouté aussi. Des projets j’en ai entendu beaucoup : des beaux, des faisables, des irréalistes. Mais c’est à vous aussi de foncer, parfois tête baissée (port du casque obligatoire), parfois de façon raisonnée. J’ai une confiance aveugle mais saine en vous parce que je vous souhaite le meilleur, comme vous me l’avez souhaité. Attention pas le plus facile…je vous souhaite juste d’arriver à ouvrir les portes qui se ferment à vous. N’oubliez pas qui vous êtes et d’où vous venez. N’oubliez pas non plus que nous sommes, somme toute, des grands privilégiés et que nos soucis peuvent parfois sonner faux dans ce sacré merdier mondial. Pas de discours moralisateur mais cherchons le simple, le juste, l’efficace toute en cherchant l’agréable et l’harmonieux et surtout en souhaitant que ce bonheur se généralise. Jouir sans entrave oui, mais à plusieurs ! Je me rends compte que je nous souhaite une belle partouse de joie et de partage ! Comprenne qui voudra, advienne que pourra.